L’empreinte carbone moyenne des Français est de 8,5 tonnes CO₂ / an

empreinte carbone français
empreinte carbone français

L’Association pour la transition Bas Carbone (ABC) et le Citepa ont publié fin 2025 une nouvelle étude sur l’empreinte carbone des Français. Réalisée auprès de plus de 2 000 personnes, cette enquête affine la compréhension des émissions liées aux modes de vie et aux habitudes de consommation.

Premier enseignement : l’empreinte carbone moyenne s’élève à 8,5 tonnes de CO₂ équivalent par adulte et par an. La médiane est plus basse, à 7,2 tonnes. Cet écart montre que certains profils très émetteurs tirent fortement la moyenne vers le haut.

L’étude rappelle également que la France est l’un des seuls pays à intégrer l’empreinte carbone dans sa stratégie nationale bas carbone (SNBC). Cet indicateur prend en compte l’ensemble des émissions générées par les biens et services consommés en France, y compris lorsqu’ils sont importés.

Une forte disparité entre les profils

L’un des principaux enseignements de l’étude concerne l’ampleur des écarts entre les individus.

Les émissions observées vont de 3 à 83 tonnes de CO₂ équivalent par an. Les 10 % des Français les plus émetteurs représentent à eux seuls 25 % de l’empreinte totale nationale. À l’inverse, les 10 % les moins émetteurs ne représentent que 5 % des émissions. Le Citepa parle ainsi d’une véritable « fracture carbone ».

Le revenu apparaît comme un facteur important. L’empreinte médiane varie de 6,6 tonnes pour les ménages les plus modestes à 8 tonnes pour les plus aisés. Selon l’étude, certains profils à hauts revenus atteindraient jusqu’à 16 tonnes de CO₂ équivalent par an en moyenne.

Mais le niveau de revenu n’explique pas tout. Les territoires, les équipements disponibles et les contraintes de mobilité jouent également un rôle déterminant.

Transport et logement : les postes les plus différenciant

L’étude identifie cinq grands postes d’émissions :

  • le transport ;
  • le logement ;
  • l’alimentation ;
  • les biens et équipements ;
  • les services sociétaux.

Le transport et le logement sont les principaux facteurs de différenciation entre les profils.

L’avion reste un facteur majeur

Le recours à l’avion ressort comme un marqueur fort des empreintes élevées. Les voyages aériens sont plus fréquents chez les jeunes et les hauts revenus.
Parmi les 5 % des individus les plus émetteurs, le temps annuel passé en avion peut atteindre jusqu’à 21 heures, hors déplacements professionnels. Cette donnée illustre le poids des pratiques de loisirs dans certaines empreintes carbone élevées.

Le chauffage au fioul pénalise certains ménages

À l’inverse, certaines émissions importantes relèvent davantage de contraintes structurelles.
Le chauffage au fioul ou au gaz reste fréquent dans les zones rurales et dans des logements anciens peu performants énergétiquement. Dans ces situations, les ménages disposent parfois de peu d’alternatives à court terme.

L’étude distingue ainsi deux réalités :

  • une empreinte carbone « choisie », liée à certains arbitrages de consommation ;
  • une empreinte carvibe « subie », liée aux contraintes de logement ou de mobilité.

Cette distinction permet de mieux comprendre les difficultés rencontrées dans la transition bas carbone.

L’alimentation : premier facteur chez les ménages « sobres »

Pour 72 % des Français, l’alimentation représente entre 1,5 et 3 tonnes de CO₂ équivalent par an. Ce poste devient le principal contributeur à l’empreinte carbone chez les individus dont l’empreinte est inférieure à 8 t CO2 eq.
On pourrait faire ressortir 4 profils types de Français :

  • des profils sobres, utilisant davantage les mobilités douces et vivant dans des logements économes ;
  • des profils intermédiaires ;
  • des profils contraints, souvent situés dans des territoires peu desservis ;
  • des profils très carbonés, associés à des revenus élevés et à des loisirs fortement émetteurs.

Quels enseignements pour les entreprises ?

Même si cette étude porte sur les particuliers, elle apporte plusieurs enseignements utiles aux entreprises engagées dans une démarche RSE.

D’abord, elle confirme que les enjeux carbone ne relèvent pas uniquement des comportements individuels. Les infrastructures, l’accès aux transports, la performance énergétique des bâtiments ou encore les habitudes de consommation influencent fortement les émissions.

Ensuite, elle montre l’importance de la sensibilisation. Le Citepa observe une corrélation entre le niveau de compréhension des enjeux climatiques et des émissions plus faibles.

Pour les entreprises, cela renforce l’intérêt :

  • des démarches de sensibilisation climat ;
  • des formations à la transition bas carbone ;
  • des politiques de mobilité durable ;
  • des stratégies immobilières plus sobres énergétiquement.

Enfin, cette étude rappelle qu’une transition efficace nécessite une approche différenciée selon les profils et les contraintes rencontrées.

Une transition bas carbone plus ciblée et plus concrète

L’étude du Citepa et de l’ABC apporte une lecture plus fine de l’empreinte carbone des Français. Derrière la moyenne nationale se cachent des réalités très différentes.

Les résultats montrent que les leviers de réduction des émissions ne peuvent pas être uniformes. Entre contraintes structurelles et choix de consommation, les stratégies d’action doivent être adaptées aux situations concrètes.

Pour les entreprises, ces enseignements peuvent nourrir les réflexions autour des politiques RSE, de la mobilité, de la formation ou encore de l’accompagnement au changement.

Dans un contexte où les enjeux climatiques s’intègrent progressivement aux stratégies d’entreprise, mieux comprendre les mécanismes de l’empreinte carbone devient un outil utile pour construire des démarches plus opérationnelles et plus cohérentes.

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Marie Duris

Albacombee