Risques NaTech : Quand la nature déclenche l’accident industriel
Séismes, inondations, feux de forêt… Ces événements naturels se multiplient et s’intensifient avec le dérèglement climatique. Lorsqu’ils frappent des installations industrielles, les conséquences peuvent être dévastatrices. Ces accidents, à l’interface entre les aléas naturels et les risques technologiques, portent un nom : les risques NaTech (NAturel + TECHnologique).
Risques NaTech : de quoi parle-t-on exactement ?
Un risque NaTech se produit lorsqu’un phénomène naturel déclenche un accident industriel, accompagné d’impacts pour les personnes autour, l’environnement ou les biens en dehors du site touché.
Les accidents NaTech ne sont pas de simples coïncidences. Ils révèlent une vulnérabilité structurelle de nombreux sites industriels face à des événements climatiques de plus en plus extrêmes. Deux exemples marquants :
- Fukushima (2011) : un séisme suivi d’un tsunami provoque une catastrophe nucléaire.
- Arkema (Houston, 2017) : une tempête tropicale provoque l’inondation d’un site chimique, entraînant des explosions et des émanations toxiques.
Ces événements illustrent combien les installations industrielles peuvent être exposées et fragilisées par les dérèglements du climat. S’ils restent peu fréquents, ces accidents ont souvent de très lourdes conséquences.
Mieux intégrer les risques NaTech dans les stratégies industrielles
Face à cette réalité, la gestion des risques industriels doit évoluer. Le rapport publié en fin 2024 par l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable (IGEDD) et le Conseil général de l’économie (CGE) appelle à une transformation profonde des pratiques actuelles. Il souligne trois priorités pour prévenir les NaTech :
- Caractériser l’aléa naturel pertinent pour chaque site industriel (inondation, chaleur extrême, feu, vent violent…).
- Identifier les scénarios d’accidents susceptibles d’être déclenchés par ces aléas.
- Déployer des stratégies techniques et organisationnelles pour réduire les vulnérabilités.
Le diagnostic de vulnérabilité : un outil stratégique
Le rapport recommande aux industriels d’aller au-delà des obligations réglementaires en menant des diagnostics de vulnérabilité climatique. Ces diagnostics permettent de :
- Évaluer la vulnérabilité physique du site et du territoire.
- Intégrer tous les maillons de la chaîne de valeur.
- Identifier les risques critiques, même exceptionnels.
- Appuyer le dialogue avec les assureurs, les collectivités locales et les parties prenantes.
Méthodologie OCARA : un cadre déjà opérationnel
Des outils existent déjà. La méthode OCARA, développée par Carbone 4, est par exemple utilisée dans le secteur de la chimie. Elle offre un cadre méthodologique rigoureux pour analyser la résilience d’une entreprise face aux effets du changement climatique et définir un plan d’action adapté.
Un enjeu de sécurité industrielle et de résilience territoriale
Prévenir les risques NaTech, ce n’est pas uniquement protéger une usine. C’est aussi garantir la sécurité des populations, la continuité des chaînes de valeur industrielles, et préserver l’intégrité des territoires face aux dérèglements climatiques.
Chez Albacombee, nous accompagnons les entreprises qui veulent anticiper les impacts du climat sur leur activité. Nos experts RSE aident à former les équipes, structurer les démarches et construire une stratégie d’adaptation solide.