Le captage et stockage de CO₂ (CCS) se présente comme une solution clé pour atteindre les objectifs de neutralité carbone. Un premier projet majeur de CCS a été lancé à Grandpuits, en Seine-et-Marne, dans le cadre de l’appel à manifestation d’intérêt pour le stockage souterrain de CO₂, initié par le gouvernement en avril 2024. L’objectif ? Tester cette technologie dès 2025 et soutenir la décarbonation de certaines industries à forte émission de gaz à effet de serre.
Le fonctionnement du captage et du stockage du CO₂ (CCS)
Le processus de captage du CO₂ consiste à aspirer le dioxyde de carbone à la source (par exemple, les usines ou directement dans l’air) à l’aide de technologies avancées. Une fois capté et liquéfié, le CO₂ est transporté et stocké dans des réservoirs souterrains, tels que des anciens gisements pétroliers ou des aquifères salins. Cette approche fait partie des stratégies recommandées par le GIEC pour réduire les émissions de CO₂ et atteindre la neutralité carbone, en complément d’efforts de réduction des émissions à la source.
Le projet de stockage de CO₂ à Grandpuits
En août 2024, l’entreprise RepAir Carbon Capture (USA) et la société néerlandaise Cquestra ont annoncé leur collaboration pour le premier projet de captage et de stockage de CO₂ en France, sur le site de Grandpuits-Bailly-Carrois.
À l’origine, le projet visait à capter les émissions de CO₂ provenant de l’usine d’ammoniac de Grandpuits. Cependant, en raison du ralentissement de la production, le projet a évolué vers un captage du CO₂ atmosphérique. Les deux entreprises ont déposé une demande de permis d’exploration dans le cadre de l’appel à manifestation, espérant obtenir l’approbation en fin 2025 pour commencer l’injection de CO₂ dans les réservoirs souterrains dès 2026.
Une ancienne raffinerie au service de la décarbonation
Le site de Grandpuits dispose de cavités aquifères salines profondes, anciennement exploitées par une raffinerie de TotalEnergies, fermée en 2023. Cette infrastructure souterraine, déjà connectée à un oléoduc, pourrait être reconvertie en carboduc pour le transport du CO₂ à l’échelle nationale, facilitant l’extension de ce type de projets à travers le pays.
Objectifs de stockage ambitieux
Le projet vise à injecter 100 000 tonnes de CO₂ captées par an d’ici 2030, avec la possibilité de stocker jusqu’à 10 fois plus (1 million de tonnes) d’ici 2035 grâce à une technologie plus performante, consommant quatre fois moins d’énergie que les méthodes classiques. En tout, les réservoirs de Grandpuits peuvent stocker jusqu’à 65 millions de tonnes de CO₂, un impact significatif sur la réduction des émissions dans la région.
Un modèle pour la décarbonation industrielle
Ce projet témoigne de l’accélération des initiatives de décarbonation, avec des technologies de plus en plus sophistiquées, en réponse aux défis du changement climatique. Il représente un pas important vers la neutralité carbone, en complément d’autres solutions de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Le projet de stockage de CO₂ à Grandpuits illustre bien la convergence entre innovation technologique et transition énergétique. Si cette technologie s’avère efficace, elle pourrait jouer un rôle clé dans la décarbonation des secteurs industriels à forte intensité de carbone, tout en contribuant à la lutte contre le changement climatique.