Conférence des Nations Unies sur les océans 2025 à Nice : un cap renforcé pour la protection durable des océans
Du 9 au 13 juin 2025, Nice a accueilli la Conférence des Nations Unies sur les océans. Ce rendez-vous international majeur était consacré aux enjeux de protection des écosystèmes marins, la résilience climatique et la transition vers une économie bleue durable. Organisée en partenariat avec la France et le Costa Rica, cette édition a réuni plus de 170 pays, 55 chefs d’État et de gouvernement et plus de 15 000 participants issus de la société civile, du monde des affaires et de la recherche.
Une déclaration politique : cap sur la protection des océans
Adoptée à l’issue des travaux, la déclaration « Notre océan, notre avenir : unis pour une action urgente » fixe une feuille de route ambitieuse et non contraignante, articulée autour de plusieurs priorités :
- Étendre les aires marines protégées (AMP) à l’échelle mondiale ;
- Accélérer la décarbonation du transport maritime ;
- Lutter contre la pollution marine, y compris sonore et plastique ;
- Mobiliser des financements pour les pays côtiers et insulaires vulnérables.
Des engagements concrets pour les océans
Plusieurs annonces majeures ont marqué cette conférence. Elles illustrent ainsi la montée en puissance d’une mobilisation internationale pour la protection des océans :
- La France : 78 % de sa zone économique exclusive (ZEE) seront couverts par des AMP d’ici 2026, dont 14,8 % sous protection forte.
- L’Union européenne : 1 milliard d’euros investis pour la conservation marine, la recherche et la pêche durable.
- La Polynésie française : création de la plus grande aire marine protégée du monde sur l’ensemble de sa ZEE.
- La Nouvelle-Zélande : plus de 52 millions de dollars alloués à la gouvernance océanique des îles du Pacifique.
- L’Allemagne : 100 millions d’euros pour retirer les munitions historiques dans la mer Baltique et la mer du Nord.
- L’Indonésie, en partenariat avec la Banque mondiale, lance une obligation corail pour financer la préservation des récifs.
- Le Canada : 9 millions de dollars pour renforcer la résilience des petits États insulaires au changement climatique.
- L’Italie : 6,5 millions d’euros pour la surveillance renforcée des AMP.
- L’Espagne : création de cinq nouvelles AMP pour atteindre 25 % de son territoire marin.
- 37 pays forment une coalition pour un océan silencieux et contre la pollution sonore sous-marine.
- L’initiative One Ocean Finance vise à développer des instruments financiers innovants pour une économie bleue durable.
Biodiversité marine : vers l’entrée en vigueur du traité BBNJ
La Conférence a également marqué une avancée décisive vers l’adoption du Traité sur la biodiversité marine au-delà des juridictions nationales (BBNJ). Ce traité, adopté en juin 2023, vise à :
- Protéger la biodiversité en haute mer
- Créer des aires marines protégées dans les zones internationales
- Réglementer la recherche et l’exploitation des ressources génétiques marines
- Promouvoir le partage équitable des bénéfices issus de ces ressources
💡 À ce jour, 50 pays ont ratifié le traité, dont l’Union européenne. Seulement 10 ratifications manquent pour qu’il entre en vigueur, ce qui pourrait intervenir dès le 1er janvier 2026.
L’exploitation minière des fonds marins : vers un moratoire mondial ?
La question de l’extraction minière en eaux profondes a également suscité de nombreuses prises de position :
- 37 pays demandent désormais un moratoire sur l’exploitation des fonds marins, contre 32 auparavant.
- Des institutions financières comme le Crédit Agricole ou la Caisse des dépôts envisagent de cesser de financer ce type de projets.
- Plus de 100 entreprises, dont Renault, BMW, Apple, Google et Samsung, annoncent leur refus d’utiliser des minerais extraits des fonds marins.
Aires marines protégées : une dynamique mondiale renforcée
Grâce à cette conférence, la part des océans couverte par des AMP passe de 8,4 % à environ 10 %. 14 pays supplémentaires ont annoncé leur volonté d’élargir leurs réseaux d’AMP, signe d’une dynamique internationale positive, même si les efforts restent à intensifier pour atteindre les objectifs de 30 % d’aires protégées d’ici 2030.
10 groupes d’action pour une gouvernance océanique intégrée
Les travaux de la conférence se sont appuyés sur 10 groupes thématiques, incluant :
- La restauration des écosystèmes marins
- Le lien océan-climat-biodiversité
- Le développement de transports maritimes durables
- Le renforcement du droit international
- La mobilisation de financements pour les actions océaniques
- La pêche durable et la sécurité alimentaire
La Conférence des Nations Unies sur les océans 2025 constitue une étape essentielle vers une économie bleue résiliente et responsable. Rendez-vous en 2028 pour la prochaine édition, co-organisée par le Chili et la République de Corée.