La 11ème étude Tennaxia confirme que l’application progressive de la CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) entraîne déjà des changements profonds dans les pratiques des entreprises européennes, les poussant à intégrer des stratégies durables pour répondre aux exigences croissantes en matière de reporting extra-financier.
🔍 Ce qui change avec la CSRD
La CSRD, qui remplace la NFDR (Non-Financial Reporting Directive), élargit le champ d’application et impose de nouvelles obligations aux entreprises de l’UE. Voici les principaux changements :
- Plus d’entreprises concernées : Le nombre d’entreprises soumises à la CSRD passe de 11 700 à 50 000. Les grandes entreprises de plus de 250 salariés (au lieu de 500 auparavant) sont désormais inclues si elles remplissent certaines conditions financières (bilan > 25 M€ ou CA > 50 M€).
- Un reporting plus détaillés : Les entreprises devront désormais communiquer des informations plus complètes, incluant une stratégie environnementale et socialedétaillée, un bilan carbone complet, ainsi que des thématiques additionnelles telles que l’adaptation au changement climatique, la biodiversité, et l’économie circulaire.
- Normes ESRS et vérification tierce : La CSRD introduit les normes ESRS(European Sustainability Reporting Standards), un référentiel unique pour collecter et déclarer les informations extra-financières. En outre, les rapports devront être vérifiés par un organisme tiers indépendant pour garantir leur fiabilité.
📋 Ce que les entreprises doivent anticiper
Pour se préparer à ces nouvelles exigences, les entreprises doivent :
🔸 Identifier les nouvelles obligations applicables à leur situation, notamment les critères de taille et les domaines à couvrir dans le reporting.
🔸 Adapter leurs processus de collecte et d’analyse des données pour répondre aux exigences des nouvelles normes.
🔸 Renforcer la fiabilité des informations en anticipant la vérification externe des rapports.
🔸 Réévaluer leur stratégie RSE pour l’aligner avec les nouvelles attentes et objectifs de durabilité de la CSRD.
💡 Les Transformations Déjà en Cours dans les Entreprises
L’étude Tennaxia met en lumière cinq points clés sur la manière dont les entreprises se préparent aux exigences de la CSRD :
- Impliquer davantage les directions financières : 74% des entreprises intègrent désormais leur directeur administratif et financier (DAF) dans les discussions sur les enjeux ESG. La pression des investisseurs pousse à une intégration croissante des pratiques financières et RSE, avec la possibilité que certains départements fusionnent à l’avenir.
- Engagement accru des directions exécutives : Les KPIs RSE sont désormais suivis plusieurs fois par an par les comités exécutifs, montrant ainsi un engagement renforcédes directions dans la gestion des enjeux durables et de la performance extra-financière.
- Le changement climatique reste une priorité : Plus de 70% des entreprises prévoient d’effectuer une analyse des risques climatiquesd’ici fin 2024, le changement climatique étant perçu comme le principal risque à gérer.
- Progression de la double matérialité : 82% des entreprises anticipant la CSRD ont déjà réalisé une analyse de double matérialité, intégrant à la fois les impacts des enjeux ESG sur l’entreprise et l’impact de l’entreprise sur la société et l’environnement.
- Complexité de la réglementation : les entreprises se sont saisies du sujet mais des freins subsistent.
🧑🎓 Former ses équipes pour lever les obstacles
L’appropriation de la CSRD demeure difficile du fait de la variété des définitions et la mise en place des KPIs pour la réalisation du rapport de durabilité reste complexe, surtout pour les entreprises qui n’étaient pas soumises à la Déclaration de performance extra-financière. Ainsi 52% des entreprises prévoient de recruter pour mieux se préparer (Tennaxia).