Troisième émetteur mondial de gaz à effet de serre, l’Inde a rendu public fin mars 2026 sa nouvelle contribution déterminée au niveau national (CDN), document attendu par les Nations Unies depuis septembre 2025. Ce plan fixe les objectifs climatiques du pays à l’horizon 2035 et s’inscrit dans le cadre de l’accord de Paris, auquel l’Inde est signataire.
Des CDN aux objectifs chiffrés autour de trois axes
D’ici 2035, l’Inde prévoit de porter à 60 % la part des énergies non fossiles dans son mix électrique, un seuil que les projections de l’autorité centrale de l’électricité indienne estiment même atteignable à 70 %. Dans le même temps, l’intensité carbone de son économie — c’est-à-dire le rapport entre les émissions de CO₂ et le PIB — devra diminuer de 47 % par rapport au niveau de 2005. Enfin, le pays s’engage à renforcer ses puits de carbone, aujourd’hui évalués à 2,3 milliards de tonnes équivalent CO₂, pour les porter entre 3,5 et 4 milliards de tonnes grâce à la reforestation. La neutralité carbone, quant à elle, est fixée à 2070.
Un contexte de départ encore très dépendant du charbon
Ces engagements interviennent dans un contexte énergétique marqué par une forte dépendance aux combustibles fossiles : 73 % de l’électricité indienne est aujourd’hui produite par des centrales à charbon, et les énergies renouvelables (solaire, éolien) ne représentaient que 13 % de la production électrique en 2025. Le marché automobile reste lui aussi peu électrifié, avec seulement 2,5 % de véhicules électriques vendus en 2025, selon S&P Global.
Cette réalité reflète les priorités du gouvernement de Narendra Modi : maintenir une croissance supérieure à 7 % pour répondre aux besoins d’emploi et réduire la pauvreté, ce qui suppose des capacités de production d’énergie importante à court terme. La prudence des engagements officiels, en dessous des projections techniques internes, traduit cette volonté de préserver des marges de manœuvre.
Des objectifs climatiques positifs malgré le retard
L’absence de CDN lors de la COP30 de Belém en novembre 2025 avait suscité des critiques, notamment de la part de l’Union européenne. La publication de ce document, même tardive, est donc significative. Elle s’inscrit aussi dans un historique encourageant : l’Inde avait atteint ses précédents objectifs climatiques — fixés en 2015 — avec une dizaine d’années d’avance, portée par une croissance rapide des énergies renouvelables sur son territoire.
Avec 1,5 milliard d’habitants et 4,4 milliards de tonnes de CO₂ émises en 2024, l’Inde représente un enjeu majeur pour les trajectoires climatiques mondiales. Ses émissions par habitant restent cependant très inférieures à celles des pays développés, un point que New Delhi met régulièrement en avant dans les négociations internationales.
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