À la suite de la loi Climat et Résilience de 2021, l’ARCOM, l’Arcep et l’ADEME ont publié un rapport inédit sur l’impact environnemental de la consommation audiovisuelle en France. C’est la première fois qu’une étude mesure de manière détaillée l’empreinte carbone des usages audiovisuels, révélant ainsi leur poids significatif dans l’empreinte carbone du numérique. Cette étude approfondie dresse un état des lieux complet des pratiques de consommation audiovisuelle en France, en identifiant les principaux facteurs d’émissions de CO2 liés au streaming vidéo, à la télévision linéaire et aux services de vidéo à la demande (VOD). Afin de réduire l’impact environnemental du numérique, le rapport propose des recommandations pour adopter des solutions plus sobres. Ce qu’il faut retenir:
Streaming et empreinte carbone : les chiffres clés en France
1. 1/3 de l’empreinte carbone du numérique due aux usages audiovisuels: Les usages audiovisuels en France représentent 5,6 millions de tonnes de CO2, soit 0,9% de l’empreinte carbone totale du pays et 2,9% de la consommation électrique française.
2. Impact carbone par heure de streaming: Selon les usages, une heure de streaming émet entre 6 et 57 grammes de CO2, l’équivalent d’un TGV parcourant 2 à 20 km.
3. Terminaux, réseaux et data centers : le trio d’impact environnemental
-
Les terminaux des utilisateurs (TV, smartphones, ordinateurs) sont les plus polluants.
-
Les réseaux (fixes et mobiles) représentent 95% de l’impact carbone des infrastructures.
-
Les centres de données contribuent également à l’empreinte carbone, bien que dans une moindre mesure.
4. Télévision linéaire vs vidéo à la demande: La télévision linéaire représente 52% de l’empreinte carbone audiovisuelle. À usage égal, elle a un impact environnemental plus faible que la vidéo à la demande (VOD).
5. Projection 2030 : une hausse inquiétante: Si la tendance actuelle de consommation se poursuit, les émissions de CO2 des usages audiovisuels augmenteront de 30% d’ici 2030.
Réduire l’empreinte carbone du streaming : recommandations pour une sobriété numérique
Le rapport propose des mesures pour réduire l’impact environnemental du streaming tout en maintenant un accès large à la culture et à l’information.
🔹 Allonger la durée de vie des terminaux
- Favoriser la réparation et le réemploi des appareils (TV, smartphones, ordinateurs).
- Sensibiliser les consommateurs à l’achat responsable et durable.
🔹 Éco-concevoir les services audiovisuels
- Optimiser les algorithmes de diffusion pour réduire la consommation de données.
- Développer des plateformes moins énergivores.
🔹 Transparence et évaluation de l’impact environnemental
- Évaluer l’impact carbone des services audiovisuels et rendre ces informations accessibles au public.
🔹 Sensibiliser aux bonnes pratiques numériques
- Privilégier le Wi-Fi plutôt que les réseaux mobiles (4G/5G) pour le streaming à la demande.
- Adapter la qualité des contenus au support de visionnage (HD plutôt que UHD/4K sur smartphone).
- Privilégier les contenus audio (podcasts) aux vidéos pour un impact écologique moindre.
- Réduire le temps passé sur les écrans.
Vers une sobriété numérique : une opportunité pour les entreprises
En appliquant les recommandations d’écoconception et de sobriété numérique, il est possible de réduire d’un tiers les émissions de CO2 liées aux usages audiovisuels d’ici 2030.
📢 Agissez dès maintenant pour une consommation numérique plus responsable !