Les directions juridiques ont leur rôle à jouer dans la transition ESG-RSE

directions juridiques transition esg rse
directions juridiques transition esg rse

En 2024, PwC, l’AFJE et l’ESSEC Business School ont publié le Baromètre ESG-RSE et Directions Juridiques. Cette étude met en lumière l’évolution du rôle des juristes d’entreprise face aux enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG-RSE).

Si l’ESG-RSE est désormais au cœur des préoccupations des entreprises, son intégration dans les pratiques juridiques reste encore limitée. Pourtant, si elles s’en saisissaient, les directions juridiques pourraient devenir des piliers de la transformation durable de leur entreprise.

Une maturité encore faible des directions juridiques sur l’ESG-RSE, mais des attentes croissantes

Le baromètre dresse un constat clair : la maturité des directions juridiques sur l’ESG-RSE reste faible, avec une note moyenne de 4,96/10. Du côté des entreprises, le score global atteint seulement 5,5/10, ce qui traduit une prise de conscience certes, mais pas encore stratégique. Les entreprises perçoivent l’ESG-RSE principalement comme un enjeu de conformité (3,53/10), et non dans ses dimensions réputationnelles, business et stratégiques.

Un enseignement fort du baromètre est le décalage entre les priorités des entreprises et l’implication des directions juridiques :

  • Les entreprises se concentrent avant tout sur les enjeux environnementaux, puis sociaux.
  • Les directions juridiques, elles, interviennent surtout sur la gouvernance, leur domaine naturel d’expertise. Mais elles anticipent une montée de leur rôle sur l’environnement (note projetée de 5,4 à 7) et le social (4,8 à 6,3).

Pour devenir ce pilier structurant de l’entreprise sur les sujets ESG-RSE, les directions juridiques doivent acquérir des compétences plus transversales.

Les défis : compétences, formation et organisation des directions juridiques

Le rapport souligne plusieurs freins :

  • Manque de formation : seule 1 entreprise sur 2 organise des formations internes ESG-RSE.
  • Peu de recrutements dédiés : 78 % des directions juridiques ne prévoient pas de recruter de juriste spécialisé ESG.
  • Faible impact structurel : pour la moitié des équipes juridiques, l’ESG-RSE n’a encore entraîné aucune évolution organisationnelle.

Pourtant, 77 % des juristes estiment que leur gouvernance et leur organisation doivent évoluer. C’est donc une transformation reconnue comme nécessaire mais encore trop timidement amorcée.

Les facteurs clés de succès identifiés

Le baromètre met en avant 5 leviers stratégiques pour renforcer le rôle des directions juridiques :

  1. Compétences et formation : juridiques, mais aussi comportementales, business et digitales.
  2. Gouvernance et stratégie : intégrer l’ESG-RSE dans la vision globale de l’entreprise.
  3. Ressources et outils : développer la veille, le reporting et les outils digitaux.
  4. Intégration et collaboration : travailler de manière transversale avec RSE, finance, RH et opérations.
  5. Gestion des risques et conformité : assurer le pilotage des obligations réglementaires tout en anticipant les risques émergents.

Le baromètre distingue également quatre profils de maturité (entreprise et direction juridique plus ou moins avancées), chacun nécessitant un plan d’action spécifique, de la simple sensibilisation à la montée en puissance stratégique.

Une opportunité de repositionnement stratégique pour les directions juridiques

Malgré une note moyenne de 5,22/10 sur leur rôle stratégique perçu, en sortant de la simple « confort-mité », les juristes pourraient devenir :

  • des acteurs transversaux, capables de dépasser la seule approche juridique,
  • des catalyseurs de transformation, grâce à leur vision des risques et des opportunités,
  • des partenaires stratégiques de la direction générale dans la transition ESG-RSE.

Conclusion : l’heure de la métamorphose des directions juridiques vers l’ESG-RSE

Le Baromètre ESG-RSE 2024 révèle un paradoxe : les directions juridiques reconnaissent l’importance des enjeux ESG-RSE et leur rôle potentiel, mais accusent encore un retard en termes de compétences, d’organisation et de proactivité. Pour passer de la conformité à la stratégie, les juristes doivent investir dans la formation, renforcer leurs outils, développer une culture de collaboration et adopter une vision pluridisciplinaire.

Share:

Marie Duris

RSE Conseil, communication et formation