La transition énergétique des flottes automobiles d’entreprise connaît une accélération sans précédent. Si les engagements RSE et les préoccupations environnementales restent moteurs, c’est désormais l’évolution du cadre fiscal et réglementaire qui propulse les entreprises vers une mobilité plus durable.
En première ligne : la réforme de l’avantage en nature, en vigueur depuis le 1er février 2025, qui bouleverse les arbitrages en matière de véhicules de fonction.
Une croissance forte des véhicules électriques dans les flottes
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : selon AAA Data, les ventes de véhicules électriques ont progressé de 5,2 % depuis janvier 2025, représentant désormais 16,3 % des flottes d’entreprise.
Cette croissance reflète une profonde transformation des car policies, influencée par les nouvelles contraintes économiques, fiscales et écologiques.
Réforme de l’avantage en nature : un tournant fiscal stratégique
Entrée en vigueur en février 2025, la réforme de l’avantage en nature (AEN) modifie profondément la fiscalité des véhicules de fonction. Elle introduit un écoscore — basé sur le score environnemental de l’ADEME — qui conditionne les allègements fiscaux.
- Les véhicules thermiques et les électriques non éco-scorés voient leurs charges patronales et salariales doublées.
- Les véhicules électriques éco-scorés conservent un avantage fiscal significatif.
Conséquence : certains modèles haut de gamme ou fabriqués en Chine sont écartés des car policies. Des marques comme BMW, Mercedes ou Audi voient leurs commandes chuter, en attendant une certification éco-score.
Une fiscalité dissuasive qui recompose les flottes
L’objectif de cette réforme ? Verdissement des flottes et réduction des véhicules non européens bénéficiant d’aides. Pour les entreprises, le message est clair : il faut adapter rapidement leur stratégie de mobilité.
Loi d’orientation des mobilités (LOM) : l’autre catalyseur
En complément, la Loi d’orientation des mobilités (LOM) impose aux entreprises de plus de 100 véhicules des quotas stricts de modèles à faibles émissions :
- 2 000 € d’amende par véhicule non conforme en 2025
- 4 000 € par véhicule en 2026
La pression est forte, poussant les gestionnaires à électrifier leur parc rapidement.
TCO : un argument économique en faveur de l’électrique
Le coût total de possession (TCO) d’un véhicule électrique éco-scoré est en moyenne 15 % inférieur à celui d’un modèle thermique, malgré un prix d’achat plus élevé (environ +25 %).
Ce gain s’explique par :
- L’absence de malus CO₂
- Aucune taxe sur les émissions polluantes
- Un coût énergétique plus faible
De plus en plus d’entreprises proposent désormais par défaut un équivalent électrique lors du renouvellement d’un véhicule thermique.
SPIE France : une stratégie RSE ambitieuse et concrète
Leader dans les services multitechniques, SPIE France a initié dès 2019 une politique ambitieuse d’électrification de sa flotte :
- 34 % de véhicules électriques sur 10 200 véhicules fin 2024
- 72,5 % de véhicules 100 % électriques dans les commandes en cours
- 11 280 tonnes de CO₂ évitées entre 2019 et 2024
- Objectif : -50 % d’émissions directes de GES d’ici 2030
Infrastructures de recharge, outils de pilotage, accompagnement RH… SPIE fait de la mobilité durable un pilier de sa stratégie RSE.
En conclusion : une transition désormais incontournable
La réforme de l’avantage en nature, combinée à la loi LOM et aux pressions économiques, transforme la mobilité professionnelle en profondeur. L’électrification des flottes d’entreprise devient une obligation stratégique, en plus d’être un choix RSE.
Entre réglementation, fiscalité et TCO, les entreprises n’ont plus d’autre choix que d’adapter leur politique de flotte, privilégier les véhicules éco-scorés et accompagner leurs collaborateurs vers une mobilité plus durable.