L’année 2025 marque un tournant pour la mobilité électrique en France. Deux réformes structurantes – la refonte de l’avantage en nature des véhicules de fonction et la disparition du bonus écologique remplacé par un financement via les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) – viennent transformer les politiques de flotte automobile et le marché des véhicules électriques.
Une fiscalité repensée autour de l’éco-score
Depuis le 1er février 2025, la réforme de l’avantage en nature des véhicules électriques (AEN) rebat les cartes des choix de véhicules en entreprise. Désormais, la fiscalité des voitures de fonction repose sur un éco-score, attribué par l’ADEME.
- Les véhicules thermiques et les électriques sans certification voient leurs charges fiscales doubler.
- Les véhicules électriques éco-scorés conservent un avantage fiscal significatif.
Cette mesure exclut de fait certains modèles haut de gamme ou produits hors Europe, qui peinent à obtenir leur certification. BMW, Mercedes ou encore Audi subissent déjà une chute des commandes.
En parallèle, la Loi d’orientation des mobilités (LOM) impose aux entreprises de plus de 100 véhicules des quotas de modèles à faibles émissions, sous peine d’amendes progressives (2 000 € par véhicule non conforme en 2025, puis 4 000 € en 2026).
Résultat : les flottes d’entreprise s’électrifient rapidement. Les véhicules électriques représentent désormais 16,3 % des parcs, en hausse de 5,2 % depuis janvier 2025.
2025 Fin du bonus écologique et entrée en scène des CEE
À partir du 1er juillet 2025, un autre pilier du soutien à l’électrique a évolué : le bonus écologique a disparu au profit d’un mécanisme financé par les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE).
Jusqu’ici concentrés sur la rénovation énergétique des bâtiments, les CEE s’ouvrent désormais au secteur de la mobilité. Les fournisseurs d’énergie – EDF, Engie, TotalEnergies, etc. – devront financer une partie de l’achat de véhicules électriques, sous peine de lourdes sanctions.
Ce dispositif permet d’augmenter et de différencier les aides à l’achat :
- de 4 000 à 4 200 € pour les ménages modestes,
- de 3 000 à 4 200 € pour les classes intermédiaires,
- de 2 000 à 3 100 € pour les ménages les plus aisés.
Le gouvernement espère ainsi enrayer la baisse des ventes de voitures électriques aux particuliers, qui ont chuté de 7 % au premier semestre 2025, et relancer la dynamique du marché sans creuser davantage le budget public.
Un nouvel équilibre entre économie, écologie et réglementation
Ces deux réformes, bien que distinctes, poursuivent un objectif commun : accélérer la transition vers la mobilité électrique tout en répartissant autrement les coûts.
- Pour les entreprises, la combinaison de l’AEN, de la LOM et d’un TCO plus favorable aux véhicules électriques (jusqu’à –15 % par rapport au thermique) rend le choix de l’électrique quasiment incontournable.
- Pour les ménages, les CEE offrent une aide renforcée, financée non plus par l’État mais par les énergéticiens.
Cependant, des défis persistent : la formation des concessionnaires au nouveau dispositif CEE, l’adaptation des car policies aux contraintes de l’éco-score, ou encore la dépendance des constructeurs à une certification européenne qui peut freiner leur compétitivité.
Conclusion la transition vers les voitures électriques en entreprise s’accélère
Entre incitations fiscales, contraintes réglementaires et redistribution du financement des aides, l’année 2025 redessine les contours du marché automobile. Pour les entreprises comme pour les particuliers, la voiture électrique devient moins une option qu’une obligation stratégique et économique.