Un secteur qui résiste à la crise immobilière
Le marché de l’immobilier traverse une période difficile. Pourtant, une catégorie d’actifs se démarque : les bâtiments bas carbone. Selon plusieurs gestionnaires d’actifs, ces biens affichent une meilleure rentabilité que le reste du marché.
Deux facteurs expliquent cette tendance. D’abord, la réglementation se durcit. La RE2020 impose déjà des seuils de plus en plus stricts, avec des paliers en 2025 et 2028. Ensuite, le taux d’occupation de ces bâtiments est supérieur à la moyenne. Les locataires recherchent activement ce type d’actif.
« Le bas carbone n’est plus une contrainte aujourd’hui dans l’immobilier, il est obligatoire », résume Barbara Monreal Munoz, de la Banque des Territoires. L’institution intègre désormais une analyse environnementale systématique dans ses décisions d’investissement, au même titre que l’analyse financière.
Des exemples concrets de valorisation de l’immobilier bas carbone
Les chiffres de l’association BBCA (Association pour de le développement du Bâtiment Bas Carbone) illustrent ce mouvement. Six millions de mètres carrés sont aujourd’hui livrés ou en cours de labellisation en France et en Europe.
Plusieurs grands groupes ont fait ce choix. Sanofi a opté pour l’immeuble CB3 à La Défense, rénové selon les critères BBCA, pour y installer 3 700 collaborateurs. Sa consommation énergétique est quatre à cinq fois inférieure à celle des immeubles voisins. Deloitte a suivi la même logique pour son campus de formation à Val d’Europe, avec 40 % des besoins énergétiques couverts par des panneaux photovoltaïques.
Le promoteur WO2 constate un effet marché direct : ses bâtiments bas carbone en Île-de-France captent 20 à 25 % de la demande, alors qu’ils ne représentent que 4 % de l’offre disponible. Une déconnexion qui traduit une vraie préférence des entreprises locataires.
Construire bas carbone ne coûte pas plus cher
Un point mérite d’être clarifié : la décarbonation d’un actif immobilier n’entraîne pas nécessairement un surcoût. Stanislas Pottier, président de BBCA, l’affirme : le retour sur investissement compense largement l’effort initial. Un bâtiment conforme aux futures normes se loue plus vite et se revend mieux.
À l’inverse, les actifs qui ne s’adaptent pas s’exposent à une décote. Un bâtiment énergivore devient moins liquide sur le marché, et donc plus difficile à valoriser à terme.
Ce que l’immobilier bas carbone implique pour les PME et ETI
Cette dynamique ne concerne pas uniquement les grands groupes. Les entreprises propriétaires ou gestionnaires de leur patrimoine immobilier ont intérêt à anticiper ces évolutions plutôt qu’à les subir.
Cela suppose de comprendre les seuils réglementaires à venir, d’évaluer l’empreinte carbone de son parc existant, et de prioriser les actions selon leur impact réel. La logique n’est pas d’atteindre la perfection immédiatement, mais d’engager une trajectoire de progrès mesurable.
C’est précisément sur ce type d’enjeu qu’Albacombee accompagne les dirigeants et responsables RSE : diagnostic de la stratégie environnementale, structuration d’une trajectoire de décarbonation, et formations certifiées Qualiopi pour outiller les équipes en interne. Nous proposons notamment une formation sur la performance énergétique des bâtiments.
L’immobilier bas carbone illustre une tendance plus large : la performance environnementale devient un critère de valeur économique, pas seulement une obligation réglementaire.