La biodiversité comme levier de rentabilité pour l’entreprise (rapport de l’IPBES)

biodiversité levier rentabilité pour entreprise
biodiversité levier rentabilité pour entreprise

La biodiversité n’est plus un sujet périphérique réservé aux ONG. Elle devient un enjeu stratégique pour toutes les entreprises. Le 9 février 2026, les 150 pays membres de l’IPBES (la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques, aussi appelée le Giec de la biodiversité) ont adopté le premier rapport mondial sur les liens entre entreprises et biodiversité. Il est sans ambiguïté : toutes les entreprises dépendent de la nature et toutes ont un impact sur elle. Dans un contexte de multiplication des risques climatiques, réglementaires et financiers, ignorer cette réalité revient à fragiliser son modèle économique. Le rapport appelle les entreprises à devenir des moteurs de transformation à condition de disposer des bons outils, des bonnes méthodes et d’un cadre cohérent.

L’érosion de la biodiversité représente un risque pour l’économie

La croissance économique mondiale s’est accompagnée d’une érosion massive de la biodiversité.

Le rapport met en évidence un déséquilibre important dans les flux financiers mondiaux : il note paradoxalement qu’il semble aujourd’hui plus rentable d’agir contre la nature que l’inverse. En 2023, 7 300 milliards de dollars de flux financiers mondiaux ont eu un impact négatif direct sur la nature et seulement 220 milliards ont été orientés vers la conservation et la restauration de la nature.

Or la biodiversité assure des fonctions essentielles : régulation de l’eau, fertilité des sols, pollinisation, atténuation des risques naturels, disponibilité des ressources. La fragiliser c’est augmenter les risques aussi bien pour les chaînes d’approvisionnement que la continuité des activités. Autrement dit : la biodiversité soutient directement la performance économique.

Les entreprises peinent à mesurer leurs impacts sur la biodiversité

La dépendance à la biodiversité n’est pas toujours visible mais elle est structurelle. Le rapport insiste sur un point fondamental : toutes les entreprises sont concernées, même celles qui ne se pensent pas « liées à la nature », comme les entreprises de services ou du numérique. Toutes dépendent de la disponibilité de matières premières, d’énergie, d’eau, etc.
Or le rapport souligne que moins de 1 % des entreprises publiant un rapport mentionnent leurs impacts sur la biodiversité. C’est qu’il y a une vraie méconnaissance des enjeux sur ce sujet.

En effet, le rapport met en évidence le manque d’informations adaptées et de données fiables dont disposent les entreprises pour agir. Elles se heurtent à la multiplicité de cadres méthodologiques complexes et ne savent pas toujours comment mesurer leurs dépendances à la nature.
Aussi le rapport propose une clarification méthodologique qui distingue les approches « bottom-up » d’une part (données locales, observations de terrain, cartographie participative, analyse spatiale fine) adaptées aux décisions opérationnelles et spécifiques à un site, et les approches « top-down » d’autre part (analyses de cycle de vie, modèles macro-économiques environnementaux) adaptées aux décisions au niveau portefeuille, chaîne de valeur ou corporate.
Sachant qu’aucune méthode unique ne convient à toutes les situations.

Intégrer la biodiversité dans la chaîne de valeur et la gouvernance

L’objectif de ce rapport est de pousser les entreprises à intégrer la biodiversité au cœur de leurs décisions. Mais il souligne qu’elles ne peuvent agir seules. Tous les acteurs aussi bien publics que privés sont concernés pour participer à créer un environnement propice à la préservation de la biodiversité.

Cela passera par :

  • de nouveaux cadres réglementaires clairs,
  • la transparence financière,
  • l’accès à des données scientifiques fiables et une meilleure traduction des résultats scientifiques vers le monde économique,
  • une meilleure représentation des peuples autochtones et des communautés locales qui sont les gardiennes de la biodiversité (60 % de leurs terres sont menacées par le développement industriel et 25 % subissent une forte pression liée à l’exploitation des ressources),
  • la montée en compétences des équipes.

Comment avancer concrètement ?

Le rapport insiste sur le développement d’action crédibles sans greenwashing. L’objectif n’est pas de viser la perfection immédiate, mais d’engager les efforts pour se rendre compte de ses impacts et agir dessus.

Le rapport de l’IPBES entend présenter la prise en compte de la biodiversité comme un facteur de pérennité économique qui permettra à long terme de protéger les écosystèmes et de restaurer la nature. Ce qui aura pour effet de sécuriser les approvisionnements, préserver les sols et de limiter les risques financiers. Ce qui est favorable à la nature peut devenir un avantage compétitif.

Et si la question est de savoir comment intégrer efficacement la biodiversité à votre stratégie et votre chaîne de valeur, chez Albacombee nous conseillons, accompagnons et formons les organisations sur l’ensemble de ces questions.

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Marie Duris

Albacombee