L’importance de la finance durable pour la transition environnementale
Comme le rappelle l’ADEME, « la finance durable joue un rôle central dans la transition vers une économie responsable ». En conciliant objectifs financiers et enjeux environnementaux, elle contribue à financer des entreprises et des projets : « verts » au sens de de la taxonomie européenne, « en transition » et alignés avec l’Accord de Paris ou encore qui tiennent compte des critères ESG.
Un contexte difficile pour les fonds durables
Les fonds durables évoluent dans un contexte difficile à plusieurs niveaux ces dernières années. Parmi les causes principales, il y a d’une part les mesures prises par Donald Trump qui incitent les entreprises et gérants américains à se désintéresser des considérations ESG.
Mais il y a aussi, d’autre part, une grande instabilité normative. De nombreuses réformes réglementaires brouillent la lisibilité des produits et complexifient le développement des fonds : révision du SFDR, nouvelles lignes directrices relatives à la dénomination des fonds, réforme de certains labels.
L’ambition des fonds durables se renforcent
Le 19 février 2026, la fintech WEEFIN a publié son 3e baromètre de la finance durable. Il se base sur l’étude de 60 fonds classés article 8 et 9 en Europe et aux États-Unis.
Il en ressort que les ambitions des fonds durables se renforcent et surtout se structurent. Entre 2024 et 2025, on constate que la proportion de fonds se fixant un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre a doublé. Et il en va de même pour le niveau d’alignement déclaré à la taxonomie européenne qui a aussi doublé.
Le baromètre révèle que les fonds affichant des objectifs de transition chiffrés ont des pratiques plus ambitieuses, même s’ils doivent aller encore plus loin pour se distinguer vraiment des fonds « classiques ». On retient ainsi que 33 % des fonds durables disposent d’une politique d’engagement et d’exclusion du charbon jugée mature et 40% très mature. C’est un écart d’environ 10 points par rapport aux fonds sans objectif de transition.
L’impact de la réforme de la SFDR sur la progression des fonds durables
La Commission européenne a proposé en novembre dernier une révision du SFDR qui devrait pousser encore davantage le renforcement des pratiques des fonds durables. En effet, le cadre du SFDR devrait être simplifié tout en étant plus exigeant. Le baromètre 2026 de WeeFin prévoit un recours à des seuils d’exclusion toujours plus stricts, dans un contexte de forte demande pour des fonds excluant les projets liés aux énergies fossiles.
Le baromètre révèle des politiques d’exclusion en progression
L’étude révèle un renforcement des politiques d’exclusion. 100 % des fonds étudiés ont mis en place une politique d’exclusion concernant le charbon et les armes controversées. C’est quatre points de plus qu’en 2024.
Concernant les exclusions liées à la biodiversité elles ont fortement progressé. Elles sont passées de 6 % à 12 % pour les pesticides et de 24 % à 33 % pour l’huile de palme.
Ainsi, les pratiques des fonds durables semblent évoluer dans le bon sens avec un renforcement de leurs engagements et une demande croissante.