Bonne nouvelle pour la Chine, premier émetteur mondial de gaz à effet de serre : le pays parvient aujourd’hui à stabiliser ses émissions de CO₂ grâce à des investissements massifs dans les énergies renouvelables, tout en continuant d’alimenter une croissance économique soutenue. Une stratégie qui redessine l’équilibre énergétique global.
La course à la baisse des émissions carbone
Selon les projections du Global Carbon Project, les émissions de CO₂ de la Chine — qui représentent à elles seules un tiers des émissions mondiales — devraient stagner à +0,4 % en 2025, un taux comparable à celui de l’Union européenne.
Les données définitives pourraient même révéler une baisse des émissions, ce qui signifierait que la Chine aurait atteint son pic d’émissions 5 ans plus tôt que prévu.
Cette évolution s’explique par deux dynamiques :
- Une consommation énergétique modérée en 2025,
- Une croissance exceptionnelle des capacités de production d’énergies renouvelables.
À l’échelle mondiale, les émissions de CO₂ devraient augmenter de 1,1 % en 2025 par rapport à 2024, pour atteindre 38,1 milliards de tonnes. Dans le détail :
- +0,8 % pour le charbon,
- +1 % pour le pétrole,
- +1,3 % pour le gaz naturel.
Absorber la hausse de la demande grâce au renouvelable
Entre 2021 et 2024, la Chine a doublé ses capacités solaires et éoliennes, atteignant 1 408 GW, selon le think tank Ember. C’est trois fois plus que l’Union européenne (480 GW). À ce rythme, le pays pourrait disposer de 2 461 GW installés d’ici 2030, un record !
Pour autant, le charbon reste un pilier du modèle énergétique chinois qui représente encore 62 % de l’énergie consommée. Les 38 % restants proviennent des énergies renouvelables, dont 18 % pour le solaire et l’éolien (contre 15 % en moyenne mondiale et 12 % en France).
La stratégie du pays est toutefois claire :
- Parvenir à plafonner la production de charbon,
- Absorber la croissance de la demande énergétique via les renouvelables.
En 2024, 80 % de la hausse de la demande a été couverte par les énergies renouvelables, contre seulement 20 % par le charbon (Ember).
Résultat : les émissions carbone chinoises sont stables depuis 18 mois.
Les énergies renouvelables, nouveau moteur de l’économie chinoise
Pour Pékin, la transition énergétique est avant tout une opportunité économique stratégique. L’objectif est de bâtir des industries technologiques de pointe, créatrices de valeur et capables de dominer les marchés mondiaux.
La Chine est déjà :
- Leader mondial du solaire (85 % des panneaux produits dans le monde),
- Leader de l’éolien (60 % des éoliennes mondiales),
- Leader en innovation, avec 75 % des brevets déposés en 2024 dans les renouvelables (contre seulement 5 % en 2000).
Ce secteur pèse aujourd’hui pour un dixième du PIB chinois, soit 1 900 milliards de dollars en 2024, l’équivalent du PIB de l’Australie.
Des projets démesurés et une présence mondiale croissante
La montée en puissance fulgurante de la production solaire chinoise a entraîné une surcapacité industrielle, provoquant une chute des prix. Conséquence :
- Les pays en développement peuvent désormais s’équiper à moindre coût,
- Les entreprises chinoises subissent d’importantes pertes.
Mais cela n’empêche pas la Chine de renforcer sa domination sur les marchés mondiaux et d’exporter à grande échelle en Europe, son premier marché, au Pakistan, au Brésil, en Arabie saoudite ou encore en Inde.
Récemment, l’entreprise Energy China a inauguré la plus grande centrale photovoltaïque du Moyen-Orient, composée de 5 millions de panneaux solaires, tous importés de Chine.
La Chine s’affirme ainsi comme un acteur incontournable de la décarbonation mondiale, tout en continuant parallèlement à exporter des centrales au charbon et des infrastructures nucléaires dans les pays en développement.
Conclusion : un leadership assumé dans la transition énergétique mondiale
Grâce à une stratégie mêlant ambition industrielle, innovation et puissance de production, la Chine occupe désormais une position centrale dans les énergies renouvelables.
Si le charbon reste dominant dans son mix, la dynamique actuelle montre que le pays utilise pleinement le potentiel du renouvelable pour stabiliser ses émissions. Il en profite par la même de renforcer sa croissance économique et de s’imposer comme le moteur mondial de la transition énergétique.