Le 12 décembre, nous avons célébré les dix ans de l’Accord de Paris, qui a engagé 195 États à limiter le réchauffement climatique à +1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Si la crise climatique reste sérieuse et que de nombreux indicateurs sont préoccupants, il est indéniable que certaines dynamiques vont dans la bonne direction.
Une trajectoire de réchauffement qui commence à s’améliorer
Lors de la COP21 en 2015, les scientifiques prévoyaient un réchauffement de +4 °C d’ici 2100 si aucune action internationale n’était entreprise. L’Accord de Paris a fixé un objectif plus ambitieux : limiter le réchauffement à +2 °C, voire à +1,5 °C.. Ces engagements reposent sur les rapports du GIEC, qui rappellent que la température moyenne mondiale dépend du cumul des émissions de gaz à effet de serre émis dans l’atmosphère.
Chaque COP depuis 2015 a apporté des avancées pour concrétiser ces objectifs. La COP28 à Dubaï a notamment reconnu la nécessité de sortir progressivement des énergies fossiles.
Pour rester sous la barre des +1,5 °C, il faudrait réduire les émissions mondiales de GES de 42 % d’ici 2030, ou de 28 % pour le seuil de +2 °C, par rapport à 2019. La prévision actuelle n’indique qu’une baisse de 4 %, mais si tous les États respectent leurs engagements, nationaux (CDN) la trajectoire de réchauffement pourrait passer d’une prévision de +4 °C à +3 °C à la fin du siècle, ce qui constitue un progrès notable.
Les entreprises : scopes 1 et 2 bien maîtrisés, scope 3 en ligne de mire
Les entreprises commencent à aligner leurs pratiques sur l’Accord de Paris. Selon Novethic et la fintech Iceberg Data Lab, 28 % des entreprises mondiales des secteurs les plus émetteurs de CO₂ sont actuellement alignées avec un scénario à +2 °C.
Les secteurs de l’électricité et des transports sont en tête, grâce aux solutions bas carbone et à l’intégration des énergies renouvelables. Suivent l’alimentation et l’immobilier, plutôt bien engagés. En revanche, seuls 2 à 7 % des entreprises des secteurs de l’énergie fossile, de la pharmacie, de l’automobile, de la banque ou de la chimie sont alignées.
La principale difficulté réside dans le scope 3 — les émissions indirectes — qui représentent plus de 50 % des émissions pour l’ensemble des secteurs cités et même plus de 90 % pour les banques (99,7 %), l’automobile (96 %), les énergies primaires (95 %), la construction (91 %) ou les transports (91 %).
Bilan : les scopes 1 et 2 sont bien pris en compte. Les entreprises doivent désormais se concentrer sur le scope 3, enjeu majeur pour atteindre les objectifs climatiques.
L’Accord de Paris : un cadre structurant à l’échelle internationale
Au-delà des chiffres, l’Accord de Paris joue un rôle de référence mondiale. Il permet par exemple des recours juridiques contre des États ou entreprises qui ne respecteraient pas leurs engagements.
L’Union européenne fait partie des 10 membres du G20 ayant déjà passé leur pic d’émissions de GES. Même si les mesures actuelles restent insuffisantes face aux urgences climatiques — hausse de la concentration de CO₂, réchauffement des océans, etc. —, l’Accord de Paris a instauré un dialogue mondial continu sur le climat et a consolidé un cadre de référence pour les entreprises et les États.
Conclusion sur les apports concrets de l’Accord de Paris
Dix ans après, l’Accord de Paris a permis de mettre en mouvement les États et les entreprises. Beaucoup reste à faire, notamment sur les émissions indirectes, mais la trajectoire commence à s’améliorer, et le dialogue international reste actif. C’est un signal positif pour les prochaines années à venir et l’action climatique.