Catastrophes naturelles : le coût croissant des pertes non-assurés

424 Mds $ De pertes non assurées liées aux catastrophes naturelles en 2025
424 Mds $ De pertes non assurées liées aux catastrophes naturelles en 2025

Chaque année, les rapports sur les catastrophes naturelles confirment une tendance de fond : les dégâts augmentent, et la part supportée directement par les acteurs économiques — sans filet assurantiel — croît avec eux. Le dernier rapport sigma du réassureur Swiss Re, publié en 2026 sur les données 2025, apporte des chiffres précis.

424 milliards de dollars : ce que cache ce chiffre

En 2025, les pertes non assurées liées aux catastrophes naturelles ont atteint 424 milliards de dollars à l’échelle mondiale, contre 395 milliards l’année précédente, soit une hausse de 7 % en un an. Ce que Swiss Re appelle le protection gap — l’écart entre les pertes économiques réelles et celles couvertes par l’assurance — continue de se creuser.

Sur l’ensemble des 190 événements recensés l’année dernière, les catastrophes naturelles ont généré 107 milliards de dollars de pertes assurées. Cela signifie qu’environ la moitié des pertes économiques totales n’était pas couverte. Et cette proportion varie considérablement selon les régions.

Des inégalités géographiques marquées

L’Amérique du Nord en tête, et l’Europe rattrape son retard

L’Amérique du Nord reste la zone la plus exposée en valeur absolue, avec un écart de protection estimé à 140 milliards de dollars (+6 % sur un an). Incendies de forêt record, tempêtes de grêle intenses, phénomènes convectifs sévères : les périls dits “secondaires” ont dominé les sinistres en 2025, représentant 92 % des pertes assurées mondiales, un niveau record.

En Europe, Afrique et Moyen-Orient, la dynamique est différente mais tout aussi préoccupante. L’écart de protection a progressé de 11 % pour atteindre 90 milliards de dollars. La raison principale : la valeur et la densité des biens exposés augmentent plus vite que la couverture disponible.

L’indice de résilience : un signal à nuancer

Swiss Re suit un indice de résilience qui calcule dans quelle mesure l’assurance privée couvre les besoins de protection face aux catastrophes. En 2025, cet indice s’établissait à 27,3 % au niveau mondial, contre 27 % en 2024 : une progression légère, qui indique que la couverture assurantielle suit globalement le rythme de croissance des risques.
Mais les écarts de cet indice entre régions sont importants :

  • 41,3 % pour les pays développés de
    l’Europe, Moyen-Orient et Afrique
  • 40,7 % en Amérique du Nord
  • 9,1 % en Amérique latine
  • 4,7 % dans les pays émergents d’Asie

Ces chiffres illustrent que la protection ne progresse pas uniformément, et que des pans entiers de l’économie mondiale restent très exposés.

L’adaptation : un levier concret pour réduire les pertes

Le rapport Swiss Re souligne que l’adaptation ciblée aux risques climatiques produit des résultats mesurables. En Europe, les investissements dans les infrastructures de protection contre les inondations — digues, bassins de rétention, plans de prévention — ont permis de contenir la croissance des pertes assurées dans plusieurs pays, dont la France, le Royaume-Uni et la Suisse.

Ce constat rejoint ce que les spécialistes de la RSE défendent depuis plusieurs années : anticiper les risques physiques liés au changement climatique n’est pas seulement une obligation réglementaire, c’est aussi une décision économique rationnelle. Une entreprise qui cartographie ses expositions et intègre des scénarios climatiques dans sa stratégie réduit sa vulnérabilité et améliore son assurabilité.

Ce que cela implique concrètement pour les entreprises

Les données Swiss Re 2025 traduisent des réalités que les entreprises, en particulier les PME et ETI, rencontrent de plus en plus directement :

Hausse des primes ou refus de couverture. Lorsque le risque devient trop élevé ou trop difficile à modéliser, certains assureurs se retirent de certaines zones géographiques ou types d’actifs. Des secteurs comme l’agroalimentaire, la logistique ou la construction y sont particulièrement exposés.

Continuité d’activité en question. Une inondation, un épisode de sécheresse intense ou un incendie peut immobiliser un site, rompre une chaîne d’approvisionnement ou endommager des équipements critiques, avec ou sans couverture assurantielle.

Attentes croissantes des parties prenantes. Investisseurs, clients et donneurs d’ordre intègrent de plus en plus les risques climatiques physiques dans leurs évaluations. La capacité d’une entreprise à démontrer qu’elle a identifié ses expositions et mis en place des mesures d’adaptation devient un critère de confiance.

Intégrer ces risques dans sa démarche RSE

La RSE constitue un cadre structurant pour identifier, hiérarchiser et traiter les risques environnementaux, y compris les risques physiques liés aux événements climatiques extrêmes. Les référentiels comme la CSRD ou les analyses de double matérialité offrent des outils concrets pour cartographier ces expositions et les intégrer à la stratégie d’entreprise.

Pour les PME et ETI françaises, cela suppose souvent un premier travail de diagnostic : quels sont nos sites, nos fournisseurs, nos flux logistiques les plus exposés ? Quels scénarios climatiques sont pertinents pour notre secteur et notre territoire ? Comment renforcer notre résilience opérationnelle tout en préservant notre assurabilité ?

Ce sont des questions auxquelles il est possible de répondre, avec méthode et sans alarmisme. C’est précisément ce type d’accompagnement qu’Albacombee propose aux entreprises qui souhaitent intégrer les risques climatiques physiques dans leur démarche RSE : diagnostic, sensibilisation des équipes, plan d’action priorisé.

Pour aller plus loin : Le rapport complet de Swiss Re (sigma 2026-01) est disponible sur le site de l’Institut Swiss Re. Il couvre l’ensemble des données 2025 sur les catastrophes naturelles, les pertes assurées et non assurées, ainsi que les stratégies d’adaptation et d’assurance pour réduire l’écart de protection.
Source : Swiss Re Institute, sigma 2026-01 – Natural catastrophes in 2025

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Marie Duris

Albacombee