La COP30, qui s’est tenue à Belém au Brésil, aux portes de la forêt amazonienne, réunissait les délégations de 194 pays pour définir les prochaines grandes étapes de la lutte contre le changement climatique. Dix ans après l’Accord de Paris, alors que le seuil des +1,5°C a été franchi en 2024, les attentes étaient grandes. Pourtant, le bilan de la COP30 présenté dans la décision finale baptisée “Mutirão” ne fait état d’aucun accord majeur et plusieurs sujets centraux n’ont pas abouti.
COP30 : un échec sur la sortie des énergies fossiles
La COP30 devait traduire dans une feuille de route concrète l’engagement acté deux ans plus tôt lors de la COP28 à Dubaï, où les pays avaient annoncé une sortie progressive des énergies fossiles.
Mais aucun accord n’a été adopté à Belém. La décision finale ne mentionne ni calendrier, ni feuille de route, ni même le terme “énergies fossiles”.
En conséquence, les pays volontaires pour organiser la sortie des énergies fossiles se retrouveront en dehors du cadre de l’ONU, lors d’un sommet inédit prévu en avril 2026 en Colombie, coorganisé avec les Pays-Bas.
Le point positif tout de même, près de 90 pays étaient prêts à signer un accord de sortie des fossiles. Cela montre qu’un bloc volontaire, dynamique et ambitieux émerge malgré l’absence d’accord global.
À la place, la COP30 acte la création d’un « accélérateur mondial de mise en œuvre », un mécanisme volontaire dont les premières réunions auront lieu en juin et novembre 2026, en préparation de la COP31 en Turquie.
COP30 et Amazonie : une feuille de route déforestation… hors du cadre officiel
Sujet central attendu pour cette COP amazonienne, la lutte contre la déforestation n’a pas non plus trouvé sa place dans la décision finale.
Une feuille de route sera bien amorcée, mais en dehors des négociations officielles de la COP.
Un signal faible pour un enjeu pourtant crucial dans la région amazonienne.
La COP30 adopte un mécanisme de transition juste : une avancée notable
L’un des rares succès de la COP30 est la création d’un nouvel organe dédié à la transition juste.
Celui-ci vise à améliorer le partage de compétences, de connaissances et de technologies afin que toutes les populations, y compris les plus vulnérables, bénéficient de la transition écologique.
Selon Anabella Rosemberg, responsable de Just Transition chez Climate Action Network International : « Pour la première fois, les droits du travail, les droits de l’homme, le droit à un environnement propre, le consentement libre, prévoyant et informé, ainsi que l’inclusion des groupes marginalisés sont tous reconnus comme essentiels à la réalisation d’une action climatique plus ambitieuse »
Cette reconnaissance constitue un jalon important pour l’intégration des enjeux sociaux dans la politique climatique mondiale.
Commerce et climat à la COP30 : un dialogue mondial lancé pour trois ans
La décision Mutirão consacre un volet entier aux questions commerciales. Un dialogue de trois ans sera lancé pour aborder les tensions liées au commerce international, notamment :
- les droits de douane,
- les taxes carbone aux frontières,
- les distorsions concurrentielles liées aux politiques climatiques.
Cette démarche vise à mieux articuler régulation commerciale et ambition climatique dans un contexte de montée des tensions géopolitiques.
Financements climatiques : une promesse de triplement d’ici 2035
Concernant l’aide climatique, la COP30 annonce un engagement majeur : tripler l’aide accordée aux pays en développement d’ici 2035, pour financer leur transition énergétique, écologique et sociétale. Aucun montant précis n’a toutefois été annoncé.
Conclusion : une COP30 décevante, mais pas sans signaux d’espoir
Le bilan de la COP30 de Belém restera marqué par des blocages et l’absence d’accord sur les dossiers les plus urgents, notamment les énergies fossiles et la déforestation.
Cependant, la dynamique des pays volontaires et l’ouverture de nouveaux dialogues sur le commerce et le financement climatique pourraient tracer la voie vers des progrès plus concrets en 2026 et lors de la COP31 en Turquie.