Réutiliser les eaux usées pour faire face aux sécheresses ? Avec les vagues de chaleur qui se répètent et s’intensifient, les entreprises et les territoires doivent repenser leur gestion de l’eau. Dans les Pyrénées-Orientales, la Communauté de communes Sud Roussillon a choisi de développer la réutilisation des eaux usées traitées (REUT). Une démarche qui montre comment une ressource jusqu’ici rejetée peut être réintroduite dans le cycle local de l’eau.
Transformer une eau rejetée en nouvelle ressource
Près de 2 millions de m³ d’eau traitée par la station d’épuration de Saint-Cyprien étaient rejetés chaque année en Méditerranée. La collectivité a développé une filière permettant d’en recycler jusqu’à 1,2 million de m³ par an.
Après des traitements complémentaires, dont une filtration membranaire, une ultrafiltration et une désinfection par UV, l’eau atteint la qualité « A France ». C’est le niveau sanitaire le plus élevé prévu pour la réutilisation des eaux usées.
Cette eau n’est pas potable. Elle peut toutefois être utilisée, sous certaines conditions, pour l’irrigation agricole, l’arrosage des espaces verts, des stades ou des golfs, ainsi que pour certains dispositifs de défense contre les incendies.
Réutiliser les eaux usées : une réponse concrète à la raréfaction de l’eau
L’objectif n’est pas de produire davantage d’eau, mais de mieux utiliser celle qui existe déjà. Le dispositif devrait permettre d’éviter environ 500 000 m³ de prélèvements dans les nappes phréatiques chaque année.
Cette logique rejoint un principe essentiel de l’adaptation au changement climatique : réserver l’eau potable aux usages qui nécessitent réellement cette qualité et développer des ressources alternatives pour les autres usages.
Le projet repose également sur des infrastructures adaptées. Sud Roussillon dispose notamment d’un réseau d’eau brute distinct du réseau d’eau potable. La collectivité a ainsi pu construire progressivement le maillage nécessaire pour acheminer cette nouvelle ressource jusqu’aux utilisateurs.
Une démarche de gestion de l’eau transposable aux entreprises ?
Réutiliser des eaux usées n’est pas une solution applicable partout. Elle suppose notamment des volumes suffisants, des usages adaptés, des infrastructures spécifiques et un suivi sanitaire rigoureux.
Mais la démarche offre une piste de réflexion aux entreprises : quels usages nécessitent réellement de l’eau potable ? Quelles consommations pourraient être réduites ou remplacées par une ressource alternative ? Où sont les pertes et les possibilités de réutilisation ?
La gestion de l’eau devient ainsi un sujet à intégrer pleinement dans une démarche RSE et dans les stratégies d’adaptation au changement climatique. Au-delà de la réduction des consommations, il s’agit de repenser les flux d’eau à l’échelle de l’activité et du territoire.
Chez Albacombee, cette approche peut notamment passer par un diagnostic des usages, l’identification des principaux risques liés à l’eau et la construction d’un plan d’actions adapté aux enjeux de l’entreprise.
©Communauté de Communes Sud Roussillon