COP30 à Belém : les CDN au cœur d’une conférence climat décisive

COP30 Belem brésil
COP30 Belem brésil

La COP30 sur le climat s’ouvre ce 10 novembre à Belém, au Brésil, aux portes de l’Amazonie. Les États doivent y présenter leurs nouvelles contributions déterminées au niveau national (CDN), ces plans d’action climatique qui définissent leurs efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2035.

Une COP et des symboles

Du 10 au 21 novembre, 150 délégations venues du monde entier sont attendues, dont une soixantaine de chefs d’État ou de gouvernement.

Le choix de Belém pour accueillir la COP n’est pas anodin de la part des dirigeants brésiliens car elle est située aux portes de la forêt amazonienne. C’est un symbole fort pour amener le sujet de la déforestation au cœur des débats.

Le cœur des discussions portera bien sûr sur l’atténuation, c’est-à-dire la réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle internationale. Elles s’appuieront sur les nouvelles CDN présentées par chaque État. Ces feuilles de route détermineront le niveau d’ambition collective pour limiter la hausse des températures à +1,5 °C, objectif phare de l’Accord de Paris.

CDN : des progrès, mais encore loin de la trajectoire 1,5 °C

Le rapport de synthèse de l’ONU, publié fin octobre, a analysé les 64 premières CDN soumises avant la COP30. Résultat : les nouvelles feuilles de route permettraient de réduire les émissions mondiales de 11 à 24 % d’ici dix ans (par rapport à 2019). Un progrès notable par rapport aux engagements précédents, mais encore insuffisant face à la baisse de 60 % nécessaire pour respecter la trajectoire des +1,5 °C fixée à Dubaï en 2023.
Le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) estime désormais que la hausse des températures pourrait atteindre entre 2,3 et 2,5 °C d’ici la fin du siècle, contre 2,6 à 2,8 °C dans son rapport précédent.
De plus, le retrait annoncé des États-Unis de l’Accord de Paris, effectif fin janvier 2026, pourrait annuler 0,1 °C des progrès enregistrés.

L’Union européenne réaffirme ses ambitions climatiques

À cinq jours de l’ouverture de la COP30, l’Union européenne a dévoilé ses nouvelles CDN. Les 27 États membres maintiennent leur objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 90 % d’ici 2040 (par rapport à 1990), avec une baisse de 66 à 72 % à l’horizon 2035.

Cette feuille de route confirme la neutralité climatique d’ici 2050, mais introduit quelques évolutions comme :

  • la possibilité pour les États d’acquérir jusqu’à 10 % de crédits carbone internationaux pour atteindre leurs objectifs,
  • le report à 2028 de l’extension du marché carbone européen au transport routier et au chauffage des bâtiments.

Ces ajustements, jugés pragmatiques par certains, suscitent toutefois des critiques chez les ONG environnementales, qui redoutent un ralentissement de la transition écologique européenne.

Une COP30 de l’action plutôt que des grands textes

À Belém, les observateurs s’attendent moins à un nouvel accord global qu’à une mise en valeur des initiatives volontaires — locales, nationales ou sectorielles — pour accélérer la transition. L’enjeu sera de suivre et cadrer ces actions pour garantir leur cohérence avec les objectifs de l’Accord de Paris.

En plus des CDN, les autres sujets au cœur des débats seront :

  • le TFFF (Tropical Forest Forever Facility), un nouveau fonds contre la déforestation
  • la sortie des énergies fossicles
  • le financement de l’aide aux pays du sud par les pays du Nord
  • l’adaptation au changement climatique.

La COP30 pourrait ainsi marquer une évolution du multilatéralisme climatique : moins de négociations complexes, plus de mise en œuvre concrète et de coopération entre États, entreprises, collectivités et citoyens.

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Marie Duris

RSE Conseil, communication et formation